jeudi 16 janvier 2014

Paradoxe

Etrange d’avoir choisi le métier d’auteur dramatique. Paradoxal que celui qui n’a d’autre ambition que d’être au plus près de lui-même doive confier son travail à des interprètes dont le talent et le désir sont de se transformer sans cesse dans d’autres personnages.

mardi 14 janvier 2014

Devinette

Bonheur de prendre du temps avec un ami, plaisir du partage, rires et affectueuse amitié. Grande promenade le long des quais piétons (attention la Seine est haute, parfois elle monte sur le quai, on dirait les tempêtes de l'équinoxe à Saint-Malo!) puis encore retour à pied dans le Marais et là… cette cour intérieure : qu'est-ce? ou plutôt qui est-ce?

Assagie...

Je ne sais combien de temps je tiendrai à ce rythme-là, mais qu'est ce que je m'amuse. Je suis revenue un peu au lycée, un peu à la fac', tous les jours j'ai mes matières imposées : piano (j'attaque enfin Offenbach, pauvre victime sans défense!), je vais souvent à l'atelier de peinture de Rose (une volière de rires et d'application), j'essaie d'avaler un sandwich entre deux, de lire Comment j'ai vidé la maison de mes parents, (excellent vade mecum), de nourrir mon chat et arroser les plantes, de ranger la cave, faire une lessive et d'aller à une projection de film aussi souvent que possible. Ce soir, c'était Lulu femme nue de Solveig Anspach avec Karin Viard. Je ne sais que dire du film, je ne suis pas objective, car j'ai eu le bonheur, et l'honneur! de jouer avec Karin Viard dans Sonate d'automne et elle était déjà une comédienne exceptionnelle dans la comédie comme dans le drame. Je suis sur les genoux, mais comme je suis contente! Les joies de la régularité, encore deux semaines, car après, le mois de février, je reprendrai mon bâton et je voyagerai.

dimanche 12 janvier 2014

Quartier libre

Convalescence, reprise des archives, blog tous les jours et piano, vu ce rythme d'enfer, je me suis accordé le septième jour, après tout, même Dieu… Exposition Vallotton au Grand Palais. Ce n'est pas parce qu'il est né Place Palud à Lausanne et qu'il est un compatriote qui s'est naturalisé français, que je l'aime, mais je sois émue presqu'aux larmes par ses gravures de guerre, par ses scènes intimistes qui dévoilent toujours un conflit social. On le considère front et glacé? Sa sensualité nimbée de pudeur me semble évidente. Bien que mon tableau favori, un nu féminin qui donne un bol de lait à son chat, n'en soit pas, cette exposition est superbe. Plus qu'une semaine. Ensuite spectacle Trenet merveilleusement réglé, joué et chanté au Théâtre du XXeme arrondissement. Rien qu'avoir composé La Mer justifierait toute une existence. Mais il a aussi fait Douce France et tant d'autres. Longue promenade à pied de Ménilmontant à la Gare de Lyon et halte dans le bistrot qui porte le nom de la ville. Un argument de qualité donné par le découvreur de Dieudonné dans Le Monde : un spectacle ne s'interdit pas, mais Dieudonné ne fait pas un spectacle, il fait une réunion politique et les réunions politiques peuvent être interdites.Et j'ai déjà écrit deux lignes sur ce type qui n'en mérite même pas une, même pas une insulte.

Le progrès

Jour de grand courage : une heure de vélo elliptique au gymnase Saint Antoine, mais avec Frederic Goulda interprétant deux concerto de Mozart, dans les oreilles, on ferme les yeux et on s'imagine qu'on vole. Ce qui ne m'empêche pas de sécher assez tristement sur un rag time au piano. Ma chatte Chloé se sauve, mais la professeur reste, stoïque et même souriante. Une femme courageuse. Un tour en ville évitant les dépouilles des sapins de Noël, idées de vacances, envie de soleil et bivouac à la librairie des Voyageurs du Monde. Faute de mieux, j'achète une nappe monde.Dîner et rires à la brasserie l'Européen que je vous conseille désormais d'éviter soigneusement : depuis la réfection des baies vitrées qui donnent sur le boulevard Diderot et sur la rue de Lyon, les prix ont doublé et les plats diminué. Je regretterai les serveurs qui sont tous adorables. Et puis il faut se résoudre à se mettre aux grands travaux du week-end : reprise des archives écriture et copie sur les nouveaux supports. Des disquettes DD à lire sur un super disk imation, puis à transférer sur des disquettes HD que je peux lire grâce au lecteur Macally sur le dernier ordinateur.Quand ce ne sont pas des CD avec des lecteurs externes à brancher sur trois générations de prises. Elle est de plus en plus brève la vie des supports, celles des bécanes aussi. Apparemment, il n'y a que la durée moyenne de la vie humaine qui s'allonge. Un doux adieu à mon premier Macintosh, acheté de seconde main à mon adorable secrétaire Yvette en 1987. Un temps où les modes d'emploi étaient imprimés en couleur sur du papier glacé et ils pesaient trois kilos, comme le Mac lui-même qui pesait le quadruple de ceux d'aujourd'hui. Ce brave Mac a survécu à dix déménagements et deux pannes, à un arrêt cardiaque de sa batterie, je songeais l'enterrer avec moi, mais il est parti le premier, snif, ce sont les meilleurs qui… A l'image, trois générations : Le Classic, ancêtre, le iBook parent et le petit-fils MacbookAir. Et moi, qui prétendais il y a vingt ans qu'il n'y avait pas de progrès technique dans l'écriture : un crayon et une feuille de papier suffiront toujours. Cela reste vrai, mais quand je pense que j'avais commencé à la Remington au ruban carbone, et qu'après les marguerites et l'IBM à bulle, j'ai connu le disque dur externe, puis puis… j'attends encore mon seuil d'incompétence. En attendant je vais peut-être ouvrir un musée du Mac. Jusqu'au dernier déménagement, j'avais même gardé toutes les imprimantes, mais ma famille m'a menacée de pires maux si je ne m'en séparais pas… Lâchement,j'ai cédé. Je n'aurais pas dû.

vendredi 10 janvier 2014

L'adieu à la Bastille

Dernier arrosage sur ce joli jardin que je quitte, à regret bien sûr, mais mon emploi du temps ne me permet plus de donner des cours individuels de théâtre. Snif, j'adorais l'enseignement, je choisissais mes élèves (que de futurs génies!) mais comme ma bonne résolution pour 2014 est d'être la femme la plus heureuse du monde (ou au moins de l'hémisphère nord) il me faut un peu de temps pour réalise ce voeu… Dernière demain aussi de ma pièce La Patiente (mais cela reprendra dès le 7 février et pour longtemps). J'ai vendu ma vieille palette graphique à Cash Express et j'ai dépensé la moitié de l'argent en allant voir au cinéma "Saint-Laurent". Je suis contre les biopics où la performance du comédien est juste de ressembler au modèle, autant regarder des images d'archives… mais cette fois la composition de Pierre Niney est époustouflante. Comme celle de Guillaume Gallienne en Pierre Bergé. Les deux acteurs étant sociétaires de la Comédie Française on se demande pourquoi les spectacles de la Maison de Molière ne sont pas plus inspirés. Une très belle histoire d'amour, une certaine franchise sur le mileu de la mode à la grande époque alcool, drugs & boys et la splendide frimousse de Charlotte le Bon au dessus de magnifiques toilettes signées Saint-Laurent et tirées de la collection de Pierre Bergé. Une glorieuse respectueuse de la mémoire du défunt. Et à ce propos, Pierre Bergé présente aussi au jardin du Palais Royal (Cocteau habitait au 6-8 de la colonnade), une exposition d'images sur l'auteur des Enfants terribles, de belles images pleines de tendresse et de poésie, délicates et talentueuses comme l'artiste protéiforme que fut Cocteau et qu'on ferait bien de redécouvrir, au lieu de le ranger au rayon des soldes démodées.

Sic transit...

Je me demandais pourquoi les éditeurs, même ceux qui nous aiment et nous commandent encore des livres, sont terrifiés quand on leur présente de la fiction. Alors que les biographies, les reportages, les témoignages le vécu-écrit suscitent encore le peu d’enthousiasme que l’époque permet à un éditeur conscient de ses intérêts. Je viens de comprendre : auparavant, les écrivains orpaillaient la presse pour y trouver le fait divers dont ils allaient faire un roman. Mme Bovary et tant d’autres sortent de la cuisse jupitérienne de la presse. Aujourd’hui, la tendance s’étant inversée, les lecteurs trouvent de la fiction à bouche en veux tu dans les journaux et à la télévision, sans parler du net. Pourquoi voudriez-vous qu’ils achètent de surcroît de la fiction sous forme de livre ? Non, dans les bouquins, ils veulent des récits de vie, des biographies, des souvenirs, enfin… une peu de vrai, un peu d’info’. Enfin. Une image pour les amateurs de peinture et de citations latines.