lundi 21 octobre 2013

Les hommes dont je suis raide dingue - 1

Les temps sont durs, une amie est décédée, deux autres sont entre la vie et la mort avec des maladies à l'issue incertaine. Que faut-il faire? Bon coeur contre mauvaise fortune. J'inaugure donc, pour penser aux belles choses de la vie et pas seulement, ma série "Les hommes dont je suis raide dingue". Amoureuse, bien sûr. Celui-ci est un de mes premiers amours et sous son nom, j'ai pu entreprendre des aventures fabuleuses. Non, il n'a pas un catogan, ni un chignon de sumotori au sommet de la tête.Non, c'est une pigeonne parisienne (salope!) qui lui est montée à la tête, au mépris de mes droits de préemption sur le coeur du Monsieur. Alors, c'est qui? PS Ces temps-ci pour me remonter le moral, je relis et revois les sketches et films de Francis Blanche, vous vous en souvenez du "Touche pas au grisbi, salope" des Tontons flingueurs? A propos du mot, quand j'apprenais le français j'étais persuadée qu'il fallait écrire salaud ainsi : SALOP. La prononciation concordait et,en bonne logique c'était le masculin de salope...

samedi 19 octobre 2013

Gares de triage

J'apprends par des amis proches que notre collègue de lycée Anca Ciortan sera enterrée demain à Bucarest. C'était une fille exceptionnelle, chaleureuse, scrupuleuse, désireuse de faire plaisir à tout un chacun. Je l'ai revue lors de la rencontre des anciens du Lycée Lazar fin mai. Elle abritait déjà dans son corps un crabe impitoyable, mais elle était si douce, si souriante que je n'ai pas soupçonné la maladie. Durant les heures de français, je lui envoyais des "poulets" en l'appelant son excellence le Prince de Chou fleur. Et je signais "Perce neige" avec je ne sais plus quel titre de noblesse inférieur. La correspondance faisait rage pendant les cours, correspondance décorée de dessins et de rêveries, et, le plus étonnant, Anca qui était bien meilleure que moi en français était aussi celle qui avait le premier prix à la fin de l'année. Preuve que cette rage postale ne nous empêchait pas de travailler. Elle nous avait apporté à la rencontre un cahier dans lequel, dans les derniers jours de lycée, chacun de la quarantaine de collègues lui avait écrit un mot, dessiné un motif. On s'est penché sur les doux délires de nos dix-neuf ans avec émotion et moult rires. Elle s'est éteinte, elle me manque. Une image de l'Eglise Saint-Paul dans le Marais qui vient de retrouver sa blancheur après des années sous les échafaudages pour nous consoler du temps qui passe, des amis qu'il nous enlève. Nous sommes sur un quai de gare : certains prennent le train, d'autres agitent la main. "Car on prend tous le train qu'on peut" chantait Brel dans Adieu l'Emile. Adieu, Anca.

vendredi 18 octobre 2013

Retour à la case départ

Après cette enthousiasmante et enthousiaste conférence à Marseille, au pas de course un repérage autour du MUCEM (la dentelle du musée sert de toile de fond au bateau), visite toute extérieure car le MUCEM ouvre à 11 heures quand je prends mon TGV. Mais le MUCEM n'a ouvert qu'en juin et pourtant reçu jusqu'en août son million de visiteurs.L'affiche de l'exposition Bazar en cours ne manque pas d'humour avec sa torera à la cocotte minute et, autre souvenir féminin, sur un boulevard des environs de la gare, cette plaque pour rappeler le passage sur terre et dans la ville d'une personne remarquable : Louis Michel. Paris sept degrés de moins, rhume, lit, à demain...

jeudi 17 octobre 2013

Journée de travail à Marseille

Tous mes potes les plus cartésiens et sérieux m'ont envoyé des sms : "Tu pars à Marseille? Fais attention, reviens nous vivante!" Cela aurait presque fini par m'inquiéter, je ne savais pas trop s'ils craignaient que je succombe à la balle perdue d'une fusillade de règlement de comptes dans le "milieu" ou que les "machos" de Brignolles me prennent pour une Rom et m'envoient paquet à Bucarest. La surprise ne vint pas de Marseille, mais elle interrompit mon voyage à Aix. Partie à midi de Paris pour honorer une conférence à Marseille, bloquée dans le TGV plus d'une heure(acte de malveillance, lire : vol des cuivres transmetteurs), fort heureusement avec un psychologue suédoise et une biographe norvégienne et leurs deux enfants de cinq mois chacun (ce qui nous a permis de faire connaissance) arrivée sur les chapeaux de roues (5 minutes de retard malgré un taxis rapide et audacieux)à dix-huit hautes à la maison de quartier de Mazargues, une conférence sur "Jean Anouilh-une biographie" qui fut un bonheur. Public nombreux et attentif, plein d'humour, mais sans aucune prétention, cultivé, souriant, sensible. Une magnifique soirée conclue par un verre de l'amitié. Beaucoup de preuves de sympathie, de questions intelligentes, de conversations passionnantes. Pas eu un instant pour penser à la photo du blog. Donc, en vous écrivant ce soir depuis une chambre du Holiday In face à la Gare de St Charles, je ne peux que vous illustrer mon intimité nocturne : chambre d'hôtel de la conférencière, avec valise en chantier pour le départ de demain : vieux journaux pas lus, chocolat Jeff de Bruges offerts par la direction, plan de Marseille, chaussures perlées et confortables, sac à main contenant l'ordinateur sur le quel je vous écris en ce moment. Vingt degrés le soir à Marseille d'où retour à l'hôtel à pied, respirant l'air du soir. J'ai écrit dans le livre d'or de la Maison de Mazargues que je reviendrai dès que possible pour une autre conférence. Je le pensais et l'on m'a assurée qu'on me prenait au mot. J'espère bien.

mardi 15 octobre 2013

Une journée parisienne en trois images

Lecteurs chéris, lectrices adorées, étant écrivain, j'en ai assez fait. Quand je veux vous gâter, c'est plutôt aux images que je fais appel. Cette fois, vous en aurez trois. Ma journée devenue soudainement libre grâce à une amie qui déclare forfait pour cause de maladie, j'ai disposé d'une heure (une heure! entière! non, je ne me trompe pas) pour me promener dans les Tuileries. Côté Cour , à l'est comme on dit dans le monde civil, étonnement, sous un rayon de soleil encore des fleurs et la gemme bleu topaze du bassi. Illustration:Côté Jardin (je rappelle à mes lecteurs que ces noms de la scène de théâtre viennent très précisément de la scène dressée aux Tuileries du temps de Molière) donc vers l'Ouest, manifestation contre la réforme des retraite (quelle réforme? il me semblait qu'on n'y avait -presque- rien changé). Mille personnes, ballons, ambiance kermesse et sur un camion ce slogan étonnant "non à l'Europe Austeritaire!". Serait ce du phonétique? Ost Europa? Est ce que cela à un rapport avec l'Autriche. L'excellente initiative récente pour demander aux footballeurs de l'équipe bleu-blanc-rouge de maîtriser le français devrait s'étendre. Mais je suis rassurée : les syndicats ont des solutions. Illustration, preuve à l'appui... Incroyable, mais vrai, entre les deux, juste au dessus du jardin, à mi chemin , ce ciel parisien. Cela me rappelel une vieille blague des pays de l'Est : "Qu'est ce qui est noir, froid, grand et menaçant et qui frappe à notre porte?" Réponse : notre avenir radieux. Illustration :

lundi 14 octobre 2013

Bonsaï

Dimanche ensoleillé, y en aura-t-il avant longtemps? donc passage au Parc Floral et découverte d'une magnifique exposition de bonsaï. Celui dont les branches peignent les rayons de soleil est né en 1794! Ensuite, dune foulée légère, Théâtre de la Tempête pour "Bobby Fischer vit à Pasadena" de Lars Nören. Joyeuse surprise, le metteur en scène (Philippe Baronnet) et la distribution ( Nine de Montal , Camille de Sablet, Elya Birman, Samuel Churin tous excellents) ont trouvé la clef de cet auteur trop souvent mal compris : ses pièces sont drôles, infiniment drôles et désespérées. Il ne faut pas les jouer avec le sérieux ou la morgue que l'on imagine aux Nordiques ou aux Allemands (quelle généralité imbécile, d'ailleurs ;j'ai failli passer à côté de Thomas Bernhard pour n'avoir vu que des mises en cène funèbres jusqu'à ce que je découvre dans un spectacle de Hans Peter Cloos à quel point l'auteur autrichien est fin, spirituel, ironique). Toujours ce vieux complexe français que des génies comme Rabelais, Molière et même Anouilh ne sont pas arrivés à guérir chez les critiques et les intellectuels : ce n'est pas parce que c'est drôle que ce n'est pas profond. Le public, lui ne se trompe pas, il connaît le vieil adage latin Ridendo castigat mores (rire corrige les moeurs). La pièce traitait d'un jardin de bonsaï domestiques. Une famille occidentale classique : parents, fils et fille. Chacun réprime ses élans, se tord sur lui-même, s'auto censure et auto mutile pour entrer dans le cadre de la famille classique. L'esquif prend l'eau de toute part, car on ne renonce pas impunément ni à son âme, ni à son désir le liberté. Les ailes coupées n'ont jamais été un sacrifice suffisant pour laisser entrer la vie dans nos coeurs. Bien entendu, il s'agit d'une famille suédoise, car, comme le disait Hamlet à peine paraphrasé "ces choses-làn'arrivent qu'en Suède"...

dimanche 13 octobre 2013

Les risques du métier

Aujourd'hui samedi, rencontré deux jeunes comédiennes qui pourraient incarner mes textes avec beaucoup de talent, puis foncé à Philotechnique pour une conférence sur Jean Anouilh. Un public nombreux, attentif, réactif, un vrai bonheur. Et comme j'avais oublié dans l'émotion mon appareil photo, vous aurez droit à la photographe photographiée afin de voir quels risques je prends pour présenter l'ascenseur Belle Epoque de l'Hôtel Métropole à mes lecteurs chéris. Après l'arroseur arrosé, la photographe éclairée.