vendredi 11 septembre 2009

Un poète à découvrir


S'il n'y avait qu'un à découvrir dans cette rentrée, c'est Eric Boucher : sensible, drôle, passionné, authentique, talentueux, modeste, (trop) mais vraiment doué. D'ailleurs je ne suis pas la seule à le penser : pour preuve ce magnifique texte de Bernard Giraudeau, autre talent Multiple (cinéma, théâtre, écriture) :
"C’était au XVIIe siècle. Nos grimacions ensemble une fable de Tabarin sur des tréteaux branlants. Ce fut là notre première rencontre. J’étais Molière, qu’on me pardonne. Jouait-il Lagrange ou du Croisy? L’un et l’autre sans doute. Nous errâmes à travers maintes époques, titubants sur les scènes, de sombres aventures en joyeuses comédies. Pendant toutes ces navigations nous nous perdîmes jusqu’au jour où un certain Shakespeare nous demanda de fouiller la vie tumultueuse de l’ineffable Richard III. C’est là que je retrouvais celui avec lequel nous fîmes les beaux jours de l’illustre théâtre. Grâce à Molière il avait connu Scaramouche et gardé de lui sa fantaisie. Dans ces époques lointaines j’ignorais que le nommé Éric Boucher fût le poète de la gaie désespérance, l’observateur malicieux de nos petits et grands défauts. Molière nous amusait des travers de chacun, rien ne lui échappait et son disciple n’avait pas perdu son temps. C’est lui aujourd’hui qui nous met en musique. Il est ce chantre de la vie, des vices et des fausses vertus. Il nous amuse en se moquant de lui qui n’est autre que ce que nous sommes et l’on se reconnaît. Depuis, ce compagnonnage résiste au temps et aux bouleversements de la vie. J’aime son chant". Bernard Giraudeau.

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