Eh oui, c'est fait, je suis arrivée à dire non. J'avais comme tout un chacun envie d'avoir une pièce dans un joli théâtre à Paris. Surtout que cette "Madame Shakespeare" me tient très à coeur, j'y ai mis à peu près tout ce qu'un auteur dramatique peut souffrir et espérer. Joli théâtre, comédiens intéressants. Et un metteur en scène débutant, compliqué, incapable de sortir un mot sur sa vision "tout est dans ma tête". J'ai donc laissé la vision dans sa tête. Non, mais je suis un auteur pas une agence de réinsertion professionnelle. Des copains monteront leurs pièces dans ce théâtre qui me souriait et, vous savez quoi? je me sens drôlement soulagée. Je ne pouvais tout de même faire cela à Madame Shakespeare! Lui donner un mauvais accoucheur. Déjà que l'auteur... Il y a quelques jours j'assiste à la passation de pouvoirs directoriaux dans un autre grand théâtre parisien. C'était pire que ma petite histoire : le sortant, atteint par la limite d'âge, passait son temps à ne traiter son successeur que sous l'angle de sa filiation avec une grand mère catalane ou patagonaise ou portugaise. On aurait dit que c'était un spectacle folklorique. Pas une institution de renom. Compliqué. Où sont mes maîtres disparus? Ceux pour lesquels j'ai commencé ce métier? Ceux qui encourageaient les jeunes, leur mettaient le pied à l'étrier? Où sont passé les metteurs en scène qui se mettaient au service d'un texte? Et comment je vais illustrer cet article sur l'éternelle crise du théâtre? Ah, j'ai trouvé : une photo dans les verts, couleur qui porte la poisse sur les planches. C'est l'image d'un sympathique charity shop, magasin à bas prix pour les démunis. Il se trouve à Montreuil, il est gai, fleuri, divers et joyeux. Les gens de théâtre devraient en prendre de la graine, non?
mardi 20 mai 2008
Capharnaum & Charity shop
Eh oui, c'est fait, je suis arrivée à dire non. J'avais comme tout un chacun envie d'avoir une pièce dans un joli théâtre à Paris. Surtout que cette "Madame Shakespeare" me tient très à coeur, j'y ai mis à peu près tout ce qu'un auteur dramatique peut souffrir et espérer. Joli théâtre, comédiens intéressants. Et un metteur en scène débutant, compliqué, incapable de sortir un mot sur sa vision "tout est dans ma tête". J'ai donc laissé la vision dans sa tête. Non, mais je suis un auteur pas une agence de réinsertion professionnelle. Des copains monteront leurs pièces dans ce théâtre qui me souriait et, vous savez quoi? je me sens drôlement soulagée. Je ne pouvais tout de même faire cela à Madame Shakespeare! Lui donner un mauvais accoucheur. Déjà que l'auteur... Il y a quelques jours j'assiste à la passation de pouvoirs directoriaux dans un autre grand théâtre parisien. C'était pire que ma petite histoire : le sortant, atteint par la limite d'âge, passait son temps à ne traiter son successeur que sous l'angle de sa filiation avec une grand mère catalane ou patagonaise ou portugaise. On aurait dit que c'était un spectacle folklorique. Pas une institution de renom. Compliqué. Où sont mes maîtres disparus? Ceux pour lesquels j'ai commencé ce métier? Ceux qui encourageaient les jeunes, leur mettaient le pied à l'étrier? Où sont passé les metteurs en scène qui se mettaient au service d'un texte? Et comment je vais illustrer cet article sur l'éternelle crise du théâtre? Ah, j'ai trouvé : une photo dans les verts, couleur qui porte la poisse sur les planches. C'est l'image d'un sympathique charity shop, magasin à bas prix pour les démunis. Il se trouve à Montreuil, il est gai, fleuri, divers et joyeux. Les gens de théâtre devraient en prendre de la graine, non?
vendredi 16 mai 2008
jeudi 15 mai 2008
S'abstraire...
Ce soir, récital de piano au Théâtre des Champs- Elysées. Richard Goode, le seul Américain à avoir enregistré l’intégrale des sonates de Beethoven dixit la brochure- programme distribuée par le théâtre. Un Clair de Lune inspiré, cérébral, Presque mathématique. J’adore cela : l’émotion n’en resort que davantage. Mon voisin de droite a tout fait sauf prendre la douche : il a bu bruyamment au goulot, rangé des papiers dans sa serviette, il s’est trémoussé bruuyamment sur sa chaise, tout en laissant tomber des objets divers. Ma voisine de droite se raclait la gorge pendant la sonate comme si elle devait parler dans la seconde d’après. Mais Goode jouait trop bien. J’ai décidé de m’abstraire. Et d’ignorer tout ce qui n’était pas la musique de Beethoven, filtrer les parasites. Cela a marché. Pourquoi ne puis-je pas faire pareil dans la vie? Simplement ignorer les perturbations, laideurs, vulgarités, malentendus. Pourquoi je ne peux pas? Pourquoi ne pouvons-nous pas ? D’accord, je commence demain. Et pour que cela ne soit pas sans image, voici “Cosmogonie personnelle” que j’ai peinte hier, sous un soleil triomphant, alors que je vous écris ces lignes en entendant la pluie tambouriner contre les lucarnes de mon grenier.
lundi 12 mai 2008
Marathon
Quatre jours en Suisse: Zûrich (pour retrouver ce coin de paradis où, dans la maison de mon amie Béa, j'ai écrit Les Contes de Züriberg, hantés par les renards qui fréquentaient notre jardin à l'ombre du vieux Ginko Biloba), Morges pour retrouver Mariela, (qui enseigne la linguistique hispanique à l'Université mais qui fut aussi la secrétaire générale des Festivals du Film d'Architecture et du Film d'Art que nous organisâmes dans la joie et la fébrilité en Suisse et en Roumanie) jouer un quatre mains au piano avec mon professeur Ines (voir photo), Lausanne pour la sortie de mon roman "Confession d'une séductrice " aux Editions Favre dans les libraires, une émission littéraire à la RSR, une interview pour Femina, les joies de la promotion mais aussi retrouvailles avec cette ville où j'ai fait mes études et où j'ai vécu tant de choses pour la première fois... Un crochet par le musée d'Art Brut qui m'émerveille à chaque fois, mais qui me donne aussi des complexes. Je rêve souvent d'être pareille à ces artistes qui travaillent sans se soucier du devenir de leur oeuvre. Il la mettent au monde, puis s'en désintéressent. Une démarche pure, désintéressée, une démarche d'où le côté marchand est absent. Une démarche enfantine. L'oeuvre n'est que le résultat du jeu qu'est sa construction, et le moyen (le jeu) en est le but premier et l'aboutissement. Y aurait-il un asile où je pourrais tisser mes textes, peindre mes tableaux sans m'occuper de rien d'autre? Avec la chance que j'ai, je tomberais sur un infirmier qui jetterait mes productions, me reprochant de gâcher du papier : "On a encore écrit des cochonneries, privée de dessert! Et de papier! Double dose de calmant! ". Parenthèse fermée sur l'enfer de l'enfer-me-ment. Et l'image d'un petit paradis : le village de Saint Prex sur la rive vaudoise du Léman.
mercredi 7 mai 2008
Le mur de mon jardin fête le 8 mai
Quand ma compagnie, La Femme Pressée, jouait dans un theatre le 8 mai, nous commencions toujours le spectacle par la lecture d’un même bref texte, “Churchill d’Angleterre” d’Albert Cohen. La dernière fois, c’était à l’Espace Icare de Issy les Moulineaux. Je me souviens que Brigitte Belle était sur la scène. Ce 8 mai, je serai à l’étranger pour la promotion de mes romans, mais, dans le train, je vais me plonger dans la lecture du petit livre de Cohen. Tout en vous embrassant fraternellement, heureuse que nous soyons tous là, grâce à un 8 mai 1945.
lundi 5 mai 2008
Lundi...
Après deux jours enchanteurs chez des amis qui ont une belle maison, de beaux livres, beaucoup de talent et un beau chat, séjour ponctué par la visite de la Devinière, maison natale de Rabelais et le château de Saché où Balzac écrivit “Le Père Goriot”, il faut reprendre le collier. Lecture –discussion d’un de mes textes avec les comédiens, le directeur du théâtre. Doute : est-ce le bon metteur en scène pour faire vivre ce texte-là? Ou faut-il attendre encore? Rester dans le “pourquoi?” et non dans le “pourquoi pas?”. Difficile décision. Je ne dormirai pas bien les nuits qui viennent.
J’enchaîne avec une conférence sur “Le Pouvoir de l’acteur “ au sujet du livre du même nom adapté de l’américain par Roger Miremont, excellent comédien auquel je voudrais voir jouer un de mes personages.. Humour, esprit ludique, idées. En sortant, rue de Malte coin avec l’Avenue de la République, des passants se bousculent autour d'un tombereau d’ordures...Pourquoi?

On venait d’y jeter les produits (bio!) périmés d’une grande surface. Me voyant faire ma photo pour mon blog, un jeune homme me parle. Il est clown et part faire une tournée dans les pays baltes. Bon vent. Rue de Malte, Paris, le 5 mai 2008.
J’enchaîne avec une conférence sur “Le Pouvoir de l’acteur “ au sujet du livre du même nom adapté de l’américain par Roger Miremont, excellent comédien auquel je voudrais voir jouer un de mes personages.. Humour, esprit ludique, idées. En sortant, rue de Malte coin avec l’Avenue de la République, des passants se bousculent autour d'un tombereau d’ordures...Pourquoi?
On venait d’y jeter les produits (bio!) périmés d’une grande surface. Me voyant faire ma photo pour mon blog, un jeune homme me parle. Il est clown et part faire une tournée dans les pays baltes. Bon vent. Rue de Malte, Paris, le 5 mai 2008.
vendredi 2 mai 2008
1er mai
Le 1er mai est une date de célébrations multiples. Je ne vous dirai pas ce que je fête, juste que c'est un anniversaire de sept ans. Devinez le lieu, il est sublime. Seul indice : je suis allée y chercher du muguet... et j'y ai trouvé des lapins.
En mai, faites ce qui vous plaît. Ne tutoyez donc pas comme Nicolas tutoie Anglela. C'est vulgaire. Et bête.
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