samedi 5 juillet 2008

UNION ET HARMONIE - 5 juillet 2008



Dans la baie de la Rance, tous les navigateurs connaissent un petit phoque, égaré dans les eaux bretonnes, qui se laisse caresser en flottant sur le ventre. Cette année, on a signalé aussi une famille de dauphins, certains l’ont vue, d’autres entendu parler seulement. Je pars vérifier. Vous avez dit terre de légendes ? D’ailleurs, entre chien et loup la mer, la terre, le ciel se confondent encore plus qu’à l’ordinaire, qui est qui ? On est un. Libérez les bateaux encagés ! Et les autres prisonniers…

INVITATION


C’est un grand jour. Parce que c’est samedi. D’abord ! Comme disent les petits en guise d’argument définitif. Ensuite, à partir d’aujourd’hui, c’est pleine saison en Bretagne, donc trois bateaux de plus en fin de journée pour relier Dinard à Saint Malo, je ne resterai plus bloquée dans la cité corsaire pour cause de dernier bateau raté. Ensuite je pense à vous. Très fort. Le compteur de mon blog vous estime à plus de deux mille, ce qui est beaucoup. Une belle grande famille pour la fille unique restée primipare que je suis. Je voulais vous faire une surprise. C’était l’invitation à la première de ma pièce à Paris. La salle a 70 places ; pour 2000 c’est un tout petit peu juste, alors deux solutions : soit boire la potion d’Alice de Lewis Caroll pour rapetisser, soit ne pas oublier de réserver sa place au numéro que voilà, pour être sûr d’y entrer. Je vous conseille la réservation, j’ai des doutes sur les qualités bio’ de la potion. Je vous y attends ?

vendredi 4 juillet 2008

LA BRETAGNE EST... DESIGN


Patrick Timsit dit dan sl’ un de ses sketches que les Portugais ne sont pas design.
C’est une boutade, mais elle m’a aidée à comprendre pourquoi j’adore la Bretagne, elle est à la fois brut de décoffrage et… design. Elle est éternelle, parfois presque moyenâgeuse et à la fois si jeune, presque enfantine. J’ai embarqué en début d’après-midi sur la Compagnie Corsaire pour la traversée de Dinard à Saint-Malo. J’avais un but précis : la Librairie du Môle, rue de Dinan. Monsieur Chide, l’antiquaire dinardais de la rue du Maréchal Leclerc, m’a donné cette adresse infaillible. Comme c’est un homme de goût, j’ai suivi. A la Librairie-galérie, Monsieur Duquesnoy, peut vous trouver n’importe quel livre, même si vous n’avez qu’une idée vague de l’auteur, du titre. Parfois il y arrive juste parce qu’on lui raconte le sujet de l’ouvrage. Monsieur Duquesnoy n’était pas là, mais la librairie était une caverne d’Ali Baba et la gentillesse de sa collègue exquise. On cherchait un livre sur Suzanne Sontag sur la banque de données quand m’est venue l’idée de surfer pour voir si mes deux romans, « Confession d’une séductrice » et « L’Exil d’Alexandra » étaient faciles à dénicher. Quelle ne fut pas ma surprise de me découvrir, sur un site assez fréquenté, « auteur roumain de littérature française ( !) » chapeautant deux autres sujets, un peu disparates : le décès de Monseigneur Lustiger et « Femmes roumaines et des Pays de l’Est cherchent l’âme sœur ». Authentique ! Faut-il voir un rapport entre Monsieur Lustiger et les candidates au mariage ? Ou un rapport entre moi et Le Monseigneur ? Sauf celui qui « prêche au couvent » dans les Bigotes de Brel, je ne vois pas…Je suis partie discrètement en faisant tout de même emplette de ma bible, « Walden » de David Thoreau et mon livre–cinéma d’horreur (j’adore avoir peur en lisant la nuit des contes qui font froid dans le dos), un ouvrage sur les korrigans et autres morganes. J’ai embarqué sur l’Etoile de Bretagne pour le retour et, devant la pointe du Moulinet, j’ai pensé que je new vous avais pas envoyé de carte postale aujourd’hui. La voici. Au verso il est écrit : « En Bretagne aussi, je pense à vous ».

jeudi 3 juillet 2008

Théâtrales estivales


Il n’y a plus d’été, je ne parle pas de l’orage qui a giflé de matin toute la Bretagne, mais de la saison théâtrale. Deux jeunes compagnies joueront mes pièces cet été, qu’elle soient récompensées pour leur courage… et leur bon goût. L’une d’entre elles se produira à Paris avant de s’envoler porter la bonne parole à San Francisco, je vous en dirai davantage ce samedi, j'avais déjà promis.
L’autre, le Théâtre sur le Fil est en train de faire ses bagages pour bivouaquer en Avignon pour toute la durée du Festival et y jouer « Toujours ensemble ». D’après la représentation que j’ai vue à Brives, je trouve qu’ils mériteraient un plein succès. C’est d’ailleurs ce que je suis en train de dire à Stéphane Jacquemin, journaliste à Totem, dans l'entretien enregistré à l’issue de la représentation au Théâtre des Gavroches. Les deux tonneaux rouges qui nous entourent ne sont pas des balises de détresse mais des provisions de bons vœux pour la réussite du spectacle en Avignon. Pourvu que le public aille les voir au Théâtre de l’Albatros, ensuite, je ne me fais plus de souci. Séverine, Amandine, Jean-Paul, Rodolpho et Emilie, hissez haut et… bon vent.
Avec la bénédiction de votre auteur.

mercredi 2 juillet 2008

Familiales


Anna de Noailles trouvait des ressemblances entre la Corne d’or d’Istanbul et l’entrée de la Rance, donc elle baptisa Dinard le Bosphore d’Occident , conclusion logique : je suis à Byzance, d’où « je vous écris, espérant que ma lettre va vous trouver en bonne santé » , formule consacrée par les enfants en colonies de vacances que l'on obligeait, les après-midi de pluie, à écrire à la famille. Vous êtes la mienne, donc je me suis même « fendue » d’une image prise avec mon appareil. J’ai fait une croix à l’endroit où je me trouve, mais elle est microscopique. Telle notre planète infime, perdue dans l’immensité de l’Univers, mais unique, telle je me sens sur cette belle terre de Bretagne. Conclusion ? Small is beautiful ! And joyful. Full !
A part cela, une idée me vient, puisque vous êtes ma famille, il faut que je n ‘oublie pas de vous inviter, surveillez le blog ce samedi !

Evasion... à Moulinsart


En quittant Paris hier, j’étais devenue une machine qui tournait à vide. Je m’obstinais à m’occuper de la promotion de mes deux romans alors qu’à une exception près, notable ! tout le monde avait le cerveau en vacances. J’étais l’emmerdeuse qui voulait pousser les autres à travailler, camarades un dernier effort, parlons de mes livres avant que la déferlante des sorties de septembre ne balaie tout sur son passage ! Ben non : ils avaient déjà un parasol sur chaque neurone. Certains n’avaient donc qu’un seul parasol en tout. Comme sur le fonds j’avais tout de même raison, on ne pouvait pas dire non franchement, mais on me « baladait » : parlez à mon assistante, moi je suis pris avec la rentrée de septembre (évidemment anticiper permet de ne pas faire le travail d’aujourd’hui) ou avec d’autres écrivains (parce que moi je suis quoi, la bonne bretonne , la jeune fille au pair, la femme de ménage, la stagiaire en CDD?) , après quelques jours, l’assistante vraiment ne pouvait rien faire sans le chef, mais le chef n’est jamais là, ah oui j’avais raison, mais elle ne peut rien pour moi, désolé… Et ils sont censés s’occuper de ma promotion. D’ailleurs, s’ils ne sont pas étudiés…, ils sont payés pour. Peut-être qu’ils pourraient faire quelque chose pour réparer mon électricité, s’occuper de mon chat ou arroser le jardin… Ils doivent bien pouvoir servir à quelque chose tout de même… N’ayant pas trouvé leur utilité, ni le moyen de les faire bouger, j'ai donc annulé tous mes rendez-vous de la semaine et je suis partie me faire voir chez les Bretons… Le premier jour j’ai dormi, le second aussi, c’est vrai que c’est bon de ne rien faire, j’aurai dû commencer plus tôt !
Prise d’une angoisse ce soir, pensant à mes adorés lecteurs chéris qui ne verront rien de nouveau sur mon blog, comme je suis incapable de vous dire « je en peux rien pour vous, désolée » j’ai déniché cet endroit, figurant sur les cartes sous le nom de Villa Eugénie, mais je suis sûre que vous avez reconnu Moulinsart, il est à deux pas du Prieuré où je crèche pour l’instant et il me donne des envies de squatt. Mardi je dois rentrer à Paris pour la première de ma pièce La Patiente au Théâtre Darius Milhaud. Oui, bien sûr, je me réjouis, mais je suis si bien ici que je compte les jours avec un soupir pour chaque soir dinardais qui s’écoule inexorablement.
Pour mettre un peu de piment, mon téléphone portable, seul lien avec le continent, a au un infarctus ce soir et ma messagerie mail, soudain pleine, s’est déclarée en grève. Ce ne sont pas des hasards, n’est-ce pas ? Le destin allié à l’inconscient disent : ras le bol, coupons les amarres, concentrons nous sur le réduit… vital. Un bon conseil : prenez des vacances. Vous venez squatter Moulinsart avec moi ? Il y a des pièces pour tout le monde.

Art africain



Oui, je sais, cela n'a pas l'air, mais pourtant c'est la Bretagne. Une belle exposition : "Gloire de la Femme dans l'art africain". Au Palais des Arts à Dinard. Commencée il y a deux jours, elle durera jusqu'à la mi septembre. Ma préférée est une statuette de femme portant sur ses épaules un animal attentif, vif, flairant à gauche , à droite. Elle est censée insufler de l'énergie à ceux qui la possèdent. Mais qui est donc l'animal aux aguets? Son âme, sa raison, sa méfiance, son expérience?