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mercredi 6 janvier 2010

Jour blanc


Désir exprimé (hier dans le blog), désir exaucé cette nuit et ce matin sur Dinard. La neige, exceptionnelle sous ce doux rivage a fit son apparition. Gros flocons dansants, tendresse du manteau pur, paysage transformé d'un coup de baguette. L'oiseau en est tout perdu, c'est sûrement sa première neige, mais c'est toujours notre première neige. Et moi, je descends parler à mon aimable public de Gabrielle Chanel. Autour de la cheminée. Noël en janvier le jour des Rois.

lundi 17 août 2009

samedi 12 juillet 2008

LE PRINTANIA-12 juillet 2008


Je prenais les adorateurs de la Bretagne, en tout cas ceux que je voyais à Paris pour des snobs finis qui se faisaient mousser avec leurs histoires de voiles, de grande maison à retaper, de soins aux hortensias. Pour moi, il ne s’agissait que d’un ramassis de masochistes qui allaient se les geler sur les plages d’un océan infréquentable, se bourrer de crêpes qui ne nourrissent pas son quidam et danser autour d’un menhir couronnés de gui qui tache, ou de houx qui pique, je ne sais plus cela fait longtemps que je n’ai pas relu Astérix.
Un jour, histoire de faire connaître son pays à l’enfant, histoire de l’aérer aussi pour qu’il ait sa dose d’iode marin et d’embruns, je choisis la destination Ultima Thulé. Plus précisément Saint-Malo. Sortant de la gare, un local nous renseigne : « la ville est par là, à trois kilomètres », on s’engage en pensant qu’on allait trouver des champs d’artichauts et des élevages porcins, sur la chaussée du Sillon à partir de Paramé. Et soudain, on l’a aperçue, elle nous guettait. Depuis des siècles. Au lointain, mais bien présente, attirante comme un aimant, irrésistible, majestueuse et sûre d’elle : unique La cité corsaire s’approchait de nous à chaque pas. C’était le plus beau paysage que j’avais vu de ma vie. Vingt ans après, malgré des voyages aux antipodes, cela n’a pas changé. Une ville de conte de fées parachutée sur la mer. Depuis ce coup de foudre, il y a une génération en temps humain, ma passion n’a fait que grandir. Et je n’arrête pas de découvrir de nouveaux lieux. Emerveillée à chaque fois. Le dernier est ce restaurant-hôtel près du Bec de la Vallée, au début de la promenade du Clair de Lune à Dinard. Le Printania est une merveille de maison, meublée breton (ces lits clos où les gens dormaient assis, pour avoir plus chaud) avec un restaurant et un salon bow window surplombant l’eau, une vitrine toujours ouverte vers la tour Solidor, Saint-Servan, la cité corsaire intra muros (ah, ces noms ! on voyage déjà, sentez le pont du bateau tanguer sous vos pas), une avancée où il fait bon « slurper » ses huîtres, boire son cidre pendant que le soleil se couche sur la dentelle issue de millénaires de combat amoureux entre terre et mer.
En prime : l’amabilité réelle, charmante et sans afféterie du service dont voici l’échantillon d’un sourire.

vendredi 11 juillet 2008

Retour aux sources… de la Rance


Après deux ou trois exercices imposés (poste, échange de transformateur, courrier, coups de fil) je fonce vers la Gare Montparnasse. Mais bon sang mais bien sûr, je ne devrais pas emprunter l’Avenue Pasteur, l’arrêt du métro qui s’y trouve est condamné pour cause de travaux. Je rebrousse chemin, change à Nation, et soudain … mais bon sang mais c’est bien sûr : jusqu’en septembre pas de métro entre Porte d’Italie et Nation. Pour travaux ! Je sors le plan Orsec, pensant attraper la une pour changer à Châtelet et continuer avec la quatre, les moniteurs annoncent un accident sur la ligne. Je remonte en surface, des taxis passent, mais les deux mains pris par les valises (ordinateur, appareil photo, clefs 3G, sans tout cela je ne pourrai pas être près de vous, mes adorés lecteurs bijoux) je ne peux pas leur faire signe. J’essaie des grimaces, mais cela ne fonctionne pas. Je me mets donc sur l’orbite de la place de la Nation jusqu’à la borne de taxis du même nom. Evidemment, pas une voiture pendant… trois siècles. Il est moins une quand enfin un taxi arrive, je le partage avec une charmante Françoise, ophtalmo’ rue Docteur Roux, conversation passionnante mais je ne revis que lorsque la Tour Montparnasse est en vue.
Le train de Saint-Malo est bondé, un bagage atterrit dans la voiture neuf sur l’ordinateur qu’un malheureux à laissé ouvert sur sa tablette, le PC est ramené du plancher en vie végétative, on appelle un conducteur pour qu’il constate la mort cérébrale, l’acte de décès servant pour l’assurance. Je constate une fois de plus un phénomène étonnant : au départ de Paris, tous les voyageurs se marchent sur les pieds, s’engueulent, se poussent mutuellement les bagages, les enfants braillent, les couples s’accusent, les solitaires boudent… mais aux abords de Rennes, le ton baisse, deux ou trois personnes commencent à parler à leur voisin, certains s’extasient sur les petits enfants des autres, des couples s’embrassent, les solitaires s’endorment ou regardent le paysage, des enfants braillent encore un peu mais c’est pour le principe et cela devient même mélodieux. Nous partîmes cinq cents… dingues et nous nous retrouvâmes à peu près autant de charmants compagnons de voyage. Serait-ce l’air du large qui apporte cet apaisement, ce soudain voile de civilisation recouvre tout avec douceur et naturel ? En ce qui me concerne, j’ai fait un voyage exquis, ma voisine, Elisabeth, directrice de maisons de retraite, ne m’a raconté que des choses passionnantes, Allez, une que je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous : il y a des personnes du quatrième âge qui n’arrivent plus à parler, cependant, elles sont capables de chanter sans faute des chansons entières.
Sur le quai de la gare de Saint-Malo j’étais redevenue vivante : vibrante avec la brise, éclairée par un soleil qui vous peint un sourire irrésistible sur les lèvres, le pas alerte, le regard caressée par la lumière triomphante de ce pays de peintres. Ah, je vous proposais de squatter Moulinsart, j’ai trouvé mieux, Port Breton, château de mer construit en 1923 pour la richissime lady Meyer Sassons. Winston Churchill qui avait du goût, y a fait des séjours entre 1934 et 1939. On y va ? On peut : c’est à la fois un jardin zoologique, un parc, un jardin botanique et un parcours forme que la ville de Dinard ouvre aux habitants. Kenavo ar verchal !

mercredi 2 juillet 2008

Art africain



Oui, je sais, cela n'a pas l'air, mais pourtant c'est la Bretagne. Une belle exposition : "Gloire de la Femme dans l'art africain". Au Palais des Arts à Dinard. Commencée il y a deux jours, elle durera jusqu'à la mi septembre. Ma préférée est une statuette de femme portant sur ses épaules un animal attentif, vif, flairant à gauche , à droite. Elle est censée insufler de l'énergie à ceux qui la possèdent. Mais qui est donc l'animal aux aguets? Son âme, sa raison, sa méfiance, son expérience?