Bref : au lieu de prendre le train pour Saint-Malo, je me retrouve à peu près à l'opposé. Toujours au bord de l'eau. Dès les premières heures, je me rends dans un célèbre établissement hôtelier où Welles a passé de longues journées, et surtout des nuits. Un bar où il pleurait, consolé par Jean-Charles Tachella et André Bazin, l'insuccès de son
Macbeth, projeté sous les sifflets du public et resté totalement incompris. Je demande s'ils possèdent des photos de Welles, on m'aide, on s'adresse à des degrés de hiérarchie de plus en plus élevés, la réponse finale, comme on le disait jadis dans les pays de l'Est, "on a résolu le problème, c'est impossible!" est qu'ils ne possèdent aucune photo du grand homme dans l'établissement. Pour me consoler, je vais m'offrir un spritz au célèbre bar du célèbre hôtel et là, sur presqu'un mètre de haut et un autre de large, qui je vois au travail? On n'est jamais aussi servi que par soi même. Cette photo traîne dans un couteux cadre depuis des lustres, seule la direction de l'établissement l'ignorait et même le niait. Tchin tchin, Orson, à la tienne!