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jeudi 28 août 2008

LE MONDE APPARTIENT A CEUX QUI SE REVEILLENT QUAND CA LEUR CHANTE


28.08.2008-que de(ux) huits!

L’enfant s’endort à l’endroit où il se trouve dès qu’il est fatigue, parfois dès s’il s’ennuie. Pour qu’il devienne adulte, on le domestique en lui apprenant à se lever à heure fixe, généralement tôt (on lui fait miroiter que le monde lui appartiendra, alors qu’on lui vole chaque jour de sa vie) pour l’école, le travail. Un jour, bien des années plus tard, quand il a enfin intégré le réflexe, sans rapport avec son état de fatigue ou d’ennui, on le rend à ses foyers. La journée et accessoirement ce qui lui reste de vie lui appartient. Au moment où il a perdu jusqu’au réflexe primaire de s’assoupir dès qu’il est fatigué, de piquer du nez dès qu’il s’ennuie. On traite notre adulte apprivoisé comme un animal qu’on aurait gardé prisonnier d’un zoo sa vie durant et que, devenu vieux, on libérerait. Pauvre erre, il ne lui reste plus assez de temps pour redevenir sauvage.
Loin de Paris, je réalise le temps (trop long!) et les efforts (pourquoi faire?) qui me sont nécessaries pour sortir du tourbillon d’obligations ( souvent auto-) imposées, pour redécouvrir ce que j’ai envie de faire, dénicher les vrais besoins et les désirs sous la morne habitude agitée que le travail, la vie citadine, ma propre culpabilité m’imposaient. Qu’il est dur de se retrouver! Encore heureux que je n’aurai pas de retraite! Comme dirait mon nouveau copain le daim (lat.dama dama) de Port Breton.