lundi 24 mars 2014

L'âge de la communication

Deux enfants attablés dans une bonne brasserie parisienne avec deux adultes et... un communicant. Remarquez l'écouteur bifide, nouveau cordon ombilical, vissé dans une oreille de chaque enfant. On ne leur parle pas, ils ne parlent pas, il ne SE parlent pas mais ils consument.Cela a duré longtemps.

dimanche 23 mars 2014

Sorties

Une semaine formidable, mais Salon du livre le jour, sorties les soirs, il est temps que je me pose un peu. Mardi théâtre : "Barrage contre le pacifique" au théâtre de l'Athénée, mercredi Le Fanfaron de Dino Risi au Centre culturel italien (à voir et à revoir, le trio Gassman, Trintignant, Lancia sport n'a pas vieilli), hier Castor et Pollux à l'Opéra Comique et ce soir, encore salle Favart, Platée de Rameau par les Arts florissants avec des merveilleux chanteurs, danseurs, mais ce qui m'a émerveillée ce fut la mise en scène de Robert Carsen. Je pensais pourtant qu'on ne pouvait pas faire mieux pour cette unique comédie de Rameau que la mise en scène de Laurent Pelly à l'Opéra Garnier. Dans un style très différent, Carsen situe l'action dans le monde de la haute)couture, Jupiter porte catogan, lunettes noires et pantalon de cuir noir, suivez mon regard, il va loin dans la satire d'un monde de l'image et de la vanité-reine… et cela fonctionne. Je suis conquise. Il y a encore une représentation demain, récompense que vous pouvez vous offrir après avoir voté. Au Salon, tout (livres, discussions, tables rondes) tourne autour de la politique ou d'autres sujets annexes. Comme le disait un grand auteur argentin qui ne s'est pas rendu à l'invitation du Salon : "Avant les livres voyageaient, maintenant ce sont les écrivains". On parlait du monde de la vanité et de l'image? Pour vous, un instantané du salon.

vendredi 21 mars 2014

Vendredi...

La solitude contemplative d'un correcteur espagnol, assis, sous les yeux (voilés) de Jorje Luis Borgès et regardant la foire… du livre de Paris."Ce formidable bordel" était un bien joli titre D'Eugène Ionesco. Jour du printemps, premier jour de l'an persan.

Une journée à marquer d'une pierre blanche...

Pourtant cela commençait mal : Chloé chez le vétérinaire, peu dormi, retarde dans le courrier… Puis je suis allée dans une école de l'ouest parisien, dans une classe de terminale, une classe de fille et, soudain… voyage dans le temps, j'ai rajeuni des deux tiers de mon âge. De beaux visages, une attention dont je ne suis pas sure que j'en méritais la qualité, de l'humour, de la culture, un beau rayon de soleil dans le ciel gris de notre époque. Des jeunes filles intelligentes, fines, intenses, une pureté qui n'exclut ni le rire ni la gravité, un bonheur de leur parler du métier. Petit à petit, je pensais davantage à elles qu'à la conférence que j'étais censée terni. Comme je voudrais que la vie leur soit douce, que les gens qu'elles rencontrent soient de leur qualité, qu'elles passent par dessus échecs et succès avec une égalité de sentiment qui leur permette de ne pas se laisser entamer. J'ai oublié de leur dire une chose : que , 40 ans après, je rencontre toujours mes condisciples connus quand j'avais leur âge et je portais à peu près les mêmes uniformes qu'elles. J'ai confiance, elles ne vont pas se perdre en route. Elles sont trop bien. Je suis donc partie toute joyeuse à l'inauguration du Salon du livre, fête obligée, nécessaire peut être mais qui avait tellement moins de valeur que la fête rencontre qu'elles m'ont offerte. Camille m'a donné ce dessin, croqué pendant la conférence. Cela m'a rappelé que je faisais exactement pareil : je dessinais pendant toutes les heures de cours. Même pendant les maths et la chimie. Cela m'aidait à me concentrer.Merci Camille, merci les jeunes filles, à très vite.
Après ce moment émouvant, je suis allée à l'inauguration du salon du livre. Je vous en donnerai des nouvelles bien vite, mais j’aurai la joie de rencontrer les lecteurs et de dédicacer mes livres sur le Stand du Lions Club international (R46) les vendredi 21 mars de 15 à 16, le samedi 22 mars de 16 à 17 heures et le dimanche 23 mars de 17 à 18 heures. Je vous y attends avec une joie immense. Que vivent les livres, leurs auteurs et, surtout, longue vie aux lecteurs sans lesquels nous n’existerons pas !

lundi 17 mars 2014

J'ai honte

Certains disent que l'histoire se répète, d'autres, plus avertis, qu'elle bégaye. La Crimée s'est réveillée en Russie; contrairement au vol MH370, les habitants savent où ils sont, mais ils ne sont pas moins en danger pour autant. Surtout lorsqu'on voit un premier fantoche qui menace le soir même du scrutin de poursuivre" jusque dans leurs trous" (les poubelles de l'histoire?)ceux qui ont voté séparatiste. Bonjour la démocratie. Je profite des nouvelles moeurs : s'il y en a encore un qui vote Hollande en 2017 je lui jette mon gant.Revenons aux vraies tragédies, même si elles ne sont encore qu'en puissance : Andreï Kourkov (excellent auteur du Pinguin et de L'Ami du défunt écrit dans la presse "Budapest et Prague? la même matrice qu'aujourd'hui". Il voit juste, mais soutien jour et nuit du peuple de Maïdan, engagé dans l'action, il ne voit pas plus loin (heureusement d'ailleurs, car c'est trop déprimant). La matrice existait déjà avant : mourir pour Danzig? les Sudètes… d'autres referenda mis en scène par d'autres cabotins ivres d'espace vital. Je n'ai pas peur, j'ai honte. Parce que je suis Européenne. De coeur et de nationalité. Puisque j'oublie toujours de prendre mon passeport de citoyenne du monde.

dimanche 16 mars 2014

Au fil du temps

Mystères et hasards de choses qui nous arrivent trop tôt ou trop tard. J'ai vécu presque dix ans à Lausanne du temps de mes études, deux autres à Genève, encore deux à Zurich. Pour Zurich, c'était le bon moment : une ville qui n'est pas une métropole, mais qui est cosmopolite et …mûre. Je devais l'être aussi pour apprécier. En revanche, pour Lausanne et Genève, j'étais trop impatiente, je les trouvais affectueuses, mais petites et compliquées dans leurs rites séculaires. Aujourd'hui j'en ai l'âge. Celui de la sérénité? de la transmission? du renoncement? Quelle qu'en soit la raison, je les goûte pleinement et, Dieu merci, il y a encore des gens que j'y ai connus, qui sont vivants et auxquels je peux dire le cadeau qu'ils ont représenté dans ma vie. Et que j'étais trop pressée, trop impatiente (non, ce n'est pas la même chose!) pour les remercier à l'époque. mais ce qu'ils m'ont donné , je l'ai reçu et cela a embelli ma vie. AU bout de trois jours où les Alpes ont été cachés par le brouillard, ils réapparaissent ce matin en majesté, le lac à leurs pieds. C'est comme si le paysage, nous était rendu. Jane Fonda écrit à 76 ans qu'elle est effrayée par le peu de temps qui lui reste à vivre. D'accord, mais c'est le meilleur… Avant les heures filaient maintenant ce sont les années. Et alors? C'est de mieux en mieux. Et pour vous faire sourire cet article dans un journal genevois d'hier : des Françaises travaillent dans les bordels de Genève "pour fuir le SMIC" (texto). Et celles qui fuiraient l'absence de smic? Par exemple bibi? Celles là restent peut être en France pour … faire marcher la machine. Je vous embrasse de l'autre rive, lecteurs bijoux, lectrices chéries.

samedi 15 mars 2014

Instantanés

Images de la Suisse : belles robes Gothic Lolita portées par d'adorables amies vaudoises devant le Mac Donald du Petit-Chêne jeunes recrues dans le train, eh oui, on fait encore le "militaire" en Suisse et les cours de répétition aussi et un bouquet de fleurs à l'hôtel des Bergues à Genève. Nostalgie de ces lieux que j'ai si bien connus, et tant aimés… Lausanne et les études de droit à la Cité puis à Dorigny comme assistante, l'institut de police scientifique de César-Roux où j'ai étudié la criminologie, Morges où j'officiais comme grffière de Tribunal rendant la liberté à moult couples, Genève où, dans les moments de blues j'allais au Jardin Anglais et dans les bons jours j'écumais les dépôt vente des Pâquis.