Bon, c’est difficile de dire que l’on est content de son travail. Mais, comme j’ai partagé avec vous mes angoisses préliminaires (voire blog d’hier), j’ose vous dire que ce fut une belle soirée. Comme ce n’était pas ma partie, je peux être enthousiaste sur l’efficacité, l’amabilité, le raffinement de nos hôtes à l’Ambassade Suisse de Paris, sur le discours d’Anne-Marie Aeschliman, notre conseillère culturelle qui fut à l’origine de l’événement, je peux dire que l’endroit était superbe et l’accueil chaleureux, je peux aussi dire que le public était de très grande qualité et que j’ai eu du plaisir à échanger avec la salle et avec chacun en particulier. Je peux remercier Nathalie Jeannet pour sa lecture et dire le plaisir complice que j’ai eu à lui donner la réplique. Une belle soirée émouvante et pimentée d’humour. Il y avait bien un photographe, peut-être il y a eu des images, si c’est le cas, je vous prie, faites-le moi savoir pour que les lecteurs de mon blog voient que je dis vrai. En attendant que le preneur d’image se dénonce (récompense assurée), en image : trois femmes heureuses à la fin de cette longue, belle, riche journée : Nathalie Jeannet, Anne-Marie Aeschliman et l’auteur de » L’Exil d’Alexandra », votre servante.
mercredi 24 septembre 2008
Présentation de « L’Exil d’Alexandra »
Bon, c’est difficile de dire que l’on est content de son travail. Mais, comme j’ai partagé avec vous mes angoisses préliminaires (voire blog d’hier), j’ose vous dire que ce fut une belle soirée. Comme ce n’était pas ma partie, je peux être enthousiaste sur l’efficacité, l’amabilité, le raffinement de nos hôtes à l’Ambassade Suisse de Paris, sur le discours d’Anne-Marie Aeschliman, notre conseillère culturelle qui fut à l’origine de l’événement, je peux dire que l’endroit était superbe et l’accueil chaleureux, je peux aussi dire que le public était de très grande qualité et que j’ai eu du plaisir à échanger avec la salle et avec chacun en particulier. Je peux remercier Nathalie Jeannet pour sa lecture et dire le plaisir complice que j’ai eu à lui donner la réplique. Une belle soirée émouvante et pimentée d’humour. Il y avait bien un photographe, peut-être il y a eu des images, si c’est le cas, je vous prie, faites-le moi savoir pour que les lecteurs de mon blog voient que je dis vrai. En attendant que le preneur d’image se dénonce (récompense assurée), en image : trois femmes heureuses à la fin de cette longue, belle, riche journée : Nathalie Jeannet, Anne-Marie Aeschliman et l’auteur de » L’Exil d’Alexandra », votre servante.
mardi 23 septembre 2008
CE SOIR, ON LIT

Ca y est, c’est l’automne… Et pour la lecture publique de mon roman « L’Exil d’Alexandra » paru chez Actes Sud, aujourd’hui à l’Ambassade Suisse, on refuse du monde. Depuis trois jours. C’est archi-plein, on ne saura déjà pas où placer les spectateurs. Et j’ai peur que ma voix ne porte pas dans une salle archi-comble. Et j’ai peur aussi que si l’on se sert de la sonorisation, cela ne nous expose à des réverbérations qui gâcheront le plaisir du public, tout en en gommant les nuances. Mon angoisse de la salle vide à l ‘ouverture des réservations n’est remplacée que par celle d’une salle trop pleine d’amis et lecteurs que je n’aurais pas le temps d’apercevoir, d’embrasser, de saluer. Excusez-moi d’avance si je n’arrive pas à consacrer à chacun le temps que je voudrais… Dualité d’auteur qui veut à la fois être en pleine lumière et, perfectionniste, s’angoisse à l’avance pour le moindre détail. Mais y a-t-il de détail dans la joie de donner voix en public à ce roman que j’ai vécu avant d’écrire, à cette histoire que le regard ami, le savoir à la fois d’auteur et d’éditeur de Hubert Nyssen m’ont aidée à mettre au monde ? Hier, au Centre Culturel Wallonie-Bruxelles, à la belle fête pour le départ du directeur Philippe Nayer, je disais encore tout le bien que je pensais de mon éditeur. A de bons auteurs pleins de charme et de talent que sont Rogiers, Jouve, Gauffette… Encore une fois « merci, Hubert ! », je le redirai ce soir. Pour l’instant, je m’en vais répéter mon texte pour que les spectateurs profitent d’une belle approche de « L’Exil… »
Libellés :
à Paris,
L’Exil d’Alexandra entre Belgique et Suisse
dimanche 21 septembre 2008
HARMONIES
Je me suis accordé quelques jours de vacances après la présentation de « Chasseur de lions » d’Olivier Rolin à la Librairie Millepages de Vincennes le jeudi 18 septembre. C’était un vrai plaisir d’interpréter ce texte baroque et romantique, parfois picaresque d’autres fois tendre, toujours brillant, rapide, généreux. L’auteur était à l’image de son œuvre : élégant, direct, complexe, talentueux, plein de charme. Le public, ravi, fermait la boucle de ce cercle vertueux : des libraires formidables, un bon livre, une lectrice qui faisait de son mieux (espérant mériter un peu les qualificatifs « délicieuse et pétillante » de l’affiche), des spectateurs de qualité. Je croise les doigts pour un prix Goncourt, le livre le mérite. Et sans Goncourt il reste tout aussi cher à mon cœur. A peine la joie de cette soirée réussie passée, je repars dans les angoisses de ma propre lecture ce mardi à l’Ambassade Suisse. Et, en guise de pause, je me suis offert une virée à la zone ni fric ni troc de la rue de Villiers, belle expérience qui commence à prendre racine dans nos villes. Objets, savoirs sont présentés, on les prend, on les laisse, on les donne… La possession deviendrait presqu’un art dans ces conditions.
mercredi 17 septembre 2008
JE ME LAISSE ENCORE EMBOBINER PAR LA GRANDE VILLE DONT LA FORCE CENTRIFUGE M’ELOIGNE DE MOI-MÊME…
Un lecteur fidèle me fait remarquer que je néglige le blog. Il n’a pas tort, merci lecteur fidèle, depuis mon retour à Paris je n’ai plus le temps du recul : trop de projets, d’obligations, d’agitation… Aujourd’hui j’étais fière, malgré des problèmes liées à la distribution de ma maison d’édition, aux contrats avec le Canada et aux retards de livraison des livres pour une signature dédicace, d’être parvenue à me promener une heure au mois de Vincennes, une heure arrachée de haute lutte, une heure de communion immédiate et totale avec la nature. Pourquoi ce besoin là croît avec l’âge ? Un retour aux sources ? Au propre comme au figuré ?
Le soir, je vais au théâtre dans ce sublime, coloré théâtre traditionnel qu’est el Déjazet. Un décor de film fin prêt… Je prépare avec entrain la lecture de « Chasseur de lions » de Olivier Rolin que j’aurai le plaisir de lire ce jeudi à la soirée de Mille pages. De beaux textes, qui mélangent passé et présent, histoire personnelle et fiction, érudition et humour, un bel exercice de lecture qu’il faut traiter avec la délicatesse exigée par le texte. Dérision digne du chasseur des lions, au Bois de Vincennes, presque voisine du triomphal socle en pierre d’un Beethoven dont le sculpteur disparut dans la première guerre, cette estrade-tribune conçue par un SDF. Avec une belle pancarte à son nom pour réserver la place la plus haute. Une tente voisine cette installation d’apparat. Est-ce révolutionnaire ? Est-ce impérial ? Tout cela n’est qu’une histoire de socles, n’est-ce pas ?
jeudi 11 septembre 2008
SCHYZO’
Un sympathique jeune lecteur me fait savoir que lire mon blog lui donne envie de se pendre. Et il a l’amabilité de me demander si c’est normal. Je suis très flattée que quelqu’un ait pu imaginer un seul instant que je pourrais donner mon avis sur la normalité. Qui, entre nous soit dit, est très surfaite. Mais cela m’a touchée car aujourd’hui j’étais constamment… pas à côté de mes pompes, mais carrément à côté de moi même. Très tard j’ai réalisé pourquoi : nous sommes le 11 septembre. Les dates parlent à notre inconscient dans une langue secrète mais claire. D’où la blessure de ceux dont on oublie les anniversaires. L’ombre de ce onze septembre a plané sur moi toute la journée alors que je n’ai ici ni radio ni télévision et que je n’ai pas ouvert un journal depuis deux semaines, donc je n’ai croisé aucun signe de commémoration ou rappel. Pas le temps, j’ai trop de pain sur la planche. Mon combat ordinaire en ce moment ? Assumer la dualité d’une nature gaie, communicative extravertie en société mais qui, devant l’incontestable beauté des paysages, devient contemplative, malincolique, parfois carrément oblomoviste, donc assortie d’un immense et vital besoin de solitude. Dois-je choisir ? puis-je faire coexister les deux dans l’harmonie ?
En de moment la nature c’est la Bretagne, je vous bassine suffisamment avec. Je la quitte demain, je retourne « chez les fous » Snif. D’accord, je me sonde le nombril, mais c’est juste pour dire que le cordon breton tient bon. Hi hi.
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mercredi 10 septembre 2008
Madeleines...
Décidément, je n’arrive pas à ne pas travailler. Après tout, c’est peut-être ma manière d’être au monde. Ce matin, sur Le Passeur, j’apprends que le matelot que j’avais toujours grand plaisir a saluer, un futur capitaine sur les bateaux de croisière est aussi un ancien éclairagiste. Bonjour, collègue. Salut l’artiste. Et quand je lui dis que je dois retourner pour une lecture à Paris, il me répond « Ah, vous retournez chez les fous ! » Merci, l’ami. Il sait de quoi il parle, il a été parisien. L’ennui c’est qu’ici, avec la mer pour horizon et le vent du large pour fidèle compagnon, on n’a pas de peine à rester sage, juste, naturel. Mais à Paris, à peine arrivée je deviens dingue parmi les dingues, cela doit être contagieux… Ensuite, visite chez Isabelle Pirot qui dirige avec Loïc Frémont les deux théâtres de Saint-Malo. J’adore la salle du Chateaubriand, un outil de travail plein de charme, intime, chaleureux. Bonne acoustique, ah comment faire autrement ? notre besoin de musique est insatiable. Isabelle me précise en riant qu’on entend aussi les mouettes, la grêle, la tempête. Isabelle n’a pas changé depuis le Lady Pénélope, le spectacle pépite d’or qu’elle interprétait après en avoir écrit avec David Pharao. Jeune critique à l’époque, j’avais été fascinée par la qualité de leur travail. Je suivais leur trajectoire faite d’humour et de poésie. Je ne suis pas étonnée que le grand Chaplin lui-même leur aura écrit, ému par Cassez le melon, un spectacle burlesque, fou, qui devait lui rappeler sa jeunesse. Cela tombe bien : Jea- Luc Schné, le co-auteur qui y jouait Mac Sennett est là aussi. Ils sont toujours passionnés, beaux, passionnants. Les heures passent sans qu’on s’en aperçoive, le plaisir de la reconnaissance est grand et la relève assurée : la fille d’Isabelle a rejoué « Lady Pénélope ». On échange nos livres, je devrais dire nos tapisseries.
Au retour, je croise un vol de pingouins, garçons et filles, élèves du lycée hôtelier tout proche. Ils en sortent par grappes, en uniforme, un uniforme qui ressemble beaucoup à celui que je portais au lycée Lazar de Bucarest et que toutes les costumières de New-York à Aachen, en passant par Paris et Saint-Etienne ont dû recréer puisqu’il était la tenue des personnages dans mes pièces Photo de Classe, Toujours ensemble ou Puck en Roumanie. Je les photographie, on échange deux mots puis ils partent se promener sur la plage. Quelle chance j’ai eue d’étudier uniquement dans des villes qui n’étaient pas au bord de la mer. Sinon, je n’aurais rien fichu. La mer m’aspire, elle sait tout. J’aurais été à son écoute. D’ailleurs j’y vais de ce pas, il reste un petit moment avant que le soleil ne se couche.
mardi 9 septembre 2008
Retour au pays natal
Je sors sur la plage à l’heure de chiens, à l’heure de plus rien, ( Brel) à l’heure où les autres dînent en famille en pestant contre le crachin (que moi j’appelle le larmin ou le ririn selon l’humour du jour), à table les enfants à table, t’as pas acheté du beurre, et ta sœur ? Je sors seule, mais je fais toujours de belles rencontres, un chien au loin, des traces d’oiseaux, un enfant qui me regarde « pour de vrai », aujourd’hui j’ai rencontré Lionel qui sait tout sur Dinard et pour cause, il est seigneur de Saint-Germain. Je rentre seule, riche de paysages et de paroles échangées. Pour moi, la course du rat est achevée. J’ai un toit. Pour manger, j’y ai pensé depuis longtemps, je pourrais toujours ramasser les fruits tombés par terre dans les marchés, cueillir des berniques sur les rochers ou marauder quelques baies dans les bois. Si vous avez les mêmes ambitieux projets d’avenir que moi, ne prenez pas les fruits du bas des buissons, surtout pas celles-là ! les renards leur pissent dessus et on attrape une maladie mortelle. Notez, dans un sens, le problème de la nourriture serait résolu.
Je pourrais dire qu’après presque quarante années d’écriture, oui, je sais j’ai commencé incroyablement tôt, vous êtes très aimables, je prends ma retraite. Mais là, seule, sans obligations, heureuse sur la plage, je ne me sens pas comme une retraitée mais plutôt comme une travailleuse émigrée qui après s’être exilée dans la compagnie des hommes et accessoirement dans le monde du travail, bref : après avoir été dans la Société, revient dans sa patrie. Celle d’une belle et originelle solitude.
Walden… Seen… je reviens à l’endroit d’où nous venons tous : de l’eau amniotique, des liquides primaires dont un jour un amphibien curieux est sorti (à quatre pattes) pour faire quelques pas sur la Pangea naissante. Lui aussi était un exilé, un immigré sur la terre… sèche. Son exil aura duré des milliards d’années. Aller simple car ils sont longs les cycles de l’éternel retour. Et c’est moi la veinarde qui réalise le come back. Trêve d’enthousiasme sinon je redeviens sirène. Beata ! Aujourd’hui j’ai appris que » Toujours ensemble » ma pièce sur l’exil, terrestre celui-là, sera traduite en italien. Toujours ensemble. Sempre insieme. A se.
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